Performances – rationalisation et fusions dans les missions locales

Pilotage, budgétisation et financement par la performance, rationalisation, fusions et reconfigurations, fonctions de gestion, assistance au reporting sont les nouveaux mots-maîtres pour les missions locales.

 

La commission Conventions collectives du Snp s’est récemment alarmée de la tendance bouleversant toute la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif (la Bass !) et secteurs connexes, qui rabat la pratique d’accueil et de soin vers de la gestion de cas, de flux, de besoins, de réponses… plus d’humain là-dedans, plus d’hommes ni de femmes, ni d’un côté ni de l’autre.

 

Le Snp dénonce le démontage systématique de ce qui fonde le travail de 3 495 professionnels dans 445 missions locales. Ce qui démembre le champ social et médico-social est également à l’œuvre dans le champ de l’insertion socio-professionnelle. Non contents de maltraiter, déshumaniser et chosifier les personnes malades, blessées, handicapées ou fragilisées par la vie, nous, en tant que société, nous attaquons également à la jeunesse en démantelant le travail d’accompagnement, de soutien et d’accueil qui permet à plusieurs milliers de jeunes chaque année de trouver une place et un avenir à leur mesure.

 

Les psychologues lancent un appel à Muriel Pénicaud, nouvelle ministre du Travail, pour qu’elle (se) rappelle que les missions locales sont, non des sites de production d’indicateurs de suivi et de résultats particulièrement positifs, mais des lieux où se racontent, s’élaborent et se construisent les parcours singuliers d’adultes en devenir, au fil de rencontres avec d’autres humains, les professionnels.

 

Les psychologues demandent aux sénateurs de retenir du discours de Jean-Claude Requier, co-rapporteur de la commission des finances, non que les missions locales fournissent « une information générale relative à l'offre de service », « réalisent […] un diagnostic global » et proposent « un accompagnement personnalisé dans le cadre de dispositifs nationaux ou locaux », mais qu’elles « doivent proposer aux jeunes accueillis un accompagnement global, c'est-à-dire destiné à les aider à résoudre leurs difficultés en matière de santé, de logement, d'insertion sociale et professionnelle, de formation, etc. »*

 

Les psychologues demandent aux élus locaux et nationaux et aux serviteurs de l’État de laisser la possibilité d’un avenir habitable pour les jeunes.

 

Contact : snpcc@psychologues.org

 

* Nous soulignons

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