CC66 : Négociations

Le Secrétaire général du SNP écrit à mesdames et messieurs les négociateurs syndicaux « salariés » CC 66

Paris, le 19 Mai 2009
Mesdames, Messieurs, et chers collègues,

Le Syndicat national des psychologues (SNP) suit très attentivement les négociations en cours concernant la CC 66.

Primitivement rédigé à l’initiative des syndicats d’employeurs dans le cadre initial d’une volonté de «refonte» de la CC 66, le projet comprenait des éléments bien plus généraux dont le cadre actuel des négociations, à l’initiative des syndicats de salariés, a considérablement redessiné les contours.

Nous prenons acte de ce que les négociateurs, dont ceux représentant les salariés, ont majoritairement accepté le principe des filières dans le cadre actuel des discussions sur les classifications et les rémunérations, et de contenir les négociations dans ce dernier cadre.

Néanmoins, ce choix, en l’état actuel des négociations, inquiète notre profession sur au moins un point : le projet initial des syndicats employeurs propose de nous insérer dans une filière « soins »,  et aussi dans la catégorie des cadres paramédicaux.


Or nous avons deux objections importantes à ces propositions :

  • D’une part, notre discipline porte sur un champ bien plus vaste que celui des soins, et ne s’adresse pas uniquement aux personnes dans une relation soignant-soigné. Outre la mise en œuvre de techniques d’examen des diverses composantes psychologiques, notamment par des tests (approches qui ne relèvent pas du soin), elle concerne aussi le conseil et le soutien aux équipes, aux « usagers » et à leurs familles, ainsi que l’analyse des pratiques, l’analyse ou l’intervention institutionnelles.
  • Par ailleurs le projet d’insérer notre profession dans la catégorie des cadres paramédicaux ne correspond pas à la définition des professions paramédicales légalement listées, autrement dit des auxiliaires médicaux, dont les psychologues ne font pas partie.


Le fondement de ces deux objections repose sur l’appartenance de la psychologie au champ des sciences humaines, et sur une formation acquise dans les UFR de sciences humaines, distinctes des UFR de sciences médicales, car notre discipline n’a pas les mêmes fondements épistémologiques que les professions du soin stricto sensu, qui reposent toutes sur la biologie.

Nous rappelons pour mémoire que, dès l’origine de la CC 66, dès la rédaction de l’annexe 4, les partenaires sociaux, suivant en cela le sens commun et le sens professionnel avaient établi une distinction entre «personnel psychologique et personnel paramédical».

L’avenant 265, muet à ce sujet, ne proposait pas davantage, dans cette nouvelle rédaction de l’annexe relative aux cadres, une quelconque confusion entre personnel psychologique et personnel paramédical.

Sur le plan de l’exercice professionnel, le maintien de la profession de psychologue dans le champ des sciences humaines, constitutif de son identité, est une condition nécessaire à l’accomplissement des missions et au maintien du sens de l’action des psychologues, hors de toute confusion trompeuse. Il est la garantie première que nous devons aux établissements, aux équipes, aux différentes professions exercées dans ces équipes, et à ceux qui, «usagers», font appel à leurs compétences. Ceci n’enlève rien à notre reconnaissance des spécificités professionnelles et de la rigueur d’exercice des professions paramédicales dont nous sommes quotidiennement solidaires.

Le cadre général dans lequel évolue la négociation est à notre sens, mais ce sens est aussi assez largement partagé, celui d’une tentative délétère de dépeçage de la CC 66 à laquelle se sont attelées les organisations d’employeurs au prétexte fallacieux de ne pouvoir y insérer sans la détruire quelques missions nouvelles. Cela passait, entre autres, par la désorganisation des professions.

À ce jour, l’action syndicale et la mobilisation conséquente des salariés a permis de contenir ce projet, dont rien ne nous assure que les organisations d’employeurs aient bien abandonné de le poursuivre dans son objectif initial, plus global, de destruction de la convention. Dans ce contexte nouveau et pour l’heure la question essentielle, mais aussi celle à partir de laquelle pourrait s’opérer le retour du projet patronal initial, devient celle des professions ; et alors également des regroupements de celles-ci.

L’inscription dans la convention collective d’une référence à des professions et des disciplines du champ des sciences humaines constitue pour les autres professionnels un des éléments favorables à ce qu’ils ne soient pas réduits à une seule et unique référence et ainsi sérieusement limités dans la pertinence de leur action auprès des «usagers» ; il en va là du maintien des éléments permettant une réelle pluridisciplinarité et transdisciplinarité dans les équipes.

C’est dans ce sens que nous vous appelons à mettre en œuvre tout ce qu’il vous sera possible pour maintenir et promouvoir la référence aux sciences humaines dans le contexte de la CC 66.

Cela pourrait être réalisé par le dégagement d’une filière «sciences humaines» (où nous pourrions rejoindre les sociologues, déjà présents depuis longtemps dans les établissements et également les anthropologues, les linguistes ; d’autres professions du champ des sciences humaines pouvant encore souhaiter se trouver ainsi regroupées).

A minima, cela pourrait également être réalisé par le maintien d’une distinction pouvant s’articuler d’un simple «et» (par exemple, pour une filière : «soins et sciences humaines» – concernant les professions regroupées dans l’annexe 4 et antérieurement les psychologues – et, pour l’encadrement : «cadres paramédicaux et cadres du champ des sciences humaines» – concernant les professions regroupées dans l’annexe 6 modifiée par l’avenant 265 -).


Dans l’attente de votre réponse, et en vous renouvelant notre confiance dans l’exercice de votre mandat, veuillez accepter, Mesdames, Messieurs et chers collègues, nos salutations très cordiales.


Jean-Louis Quéheillard

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