Psychologues salariés : une évolution salariale à défendre !

Psychologues salariés : une évolution salariale à défendre !

La crise sanitaire de la Covid-19 a souligné l’importance de notre système de santé et l’engagement des professionnels y concourant, applaudis par la population lors du 1er confinement.

Les psychologues ont été fortement sollicités dans l’accompagnement psychologique des personnes, des familles et des équipes, pour inventer de nouvelles modalités d’intervention, pour tenter de penser cet événement sociétal venant bousculer les repères.  Les psychologues de tous les champs d’exercice ont été impliqués et le sont encore pour accompagner les effets psychologiques de cette pandémie et ses conséquences dans la durée : à l’hôpital bien sûr, en Ehpad, mais aussi dans les établissements et services accompagnant des personnes en situation de handicap, des enfants et jeunes majeurs dans le cadre de la protection de l’enfance, les services sociaux, les missions locales, en libéral, etc.

Les accords conclus dans le cadre du Ségur de la Santé ont abouti à une revalorisation salariale des  psychologues « des établissements de santé et EHPAD publics et privés » [1] :

« + 183 € nets / mois pour tous les professionnels non médicaux au sein des établissements de santé et EHPAD publics & privés non lucratifs (+160 € nets / mois pour le secteur privé lucratif) :

• +90 € applicable au 1er septembre 2020 et versée à titre rétroactif sur la paie de janvier 2021 ;

• Puis +93 € au 1er mars 2021. »

Ces accords sont limités aux hôpitaux et EHPAD, et relèvent d’une vision limitée de la santé, bien loin de la définition qu’en fait l’OMS[2], et de la reconnaissance de l’ensemble des professionnels ayant participé au système de santé français dans cette crise. Ces inégalités ont été largement dénoncées, tant par les centrales syndicales que par les fédérations d’employeurs du secteur privé.


[1] https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/document/document/2020/07/dossier_de_presse_-_signature_des_accords_du_segur_de_la_sante_-_13.07.2020.pdf

[2] «La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité». Préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé, tel qu’adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19 juin -22 juillet 1946; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 États.

En février 2021, la conférence salariale du secteur social et médico-social non lucratif n’a apporté aucune perspective sérieuse, avec un taux d’évolution de la masse salariale fixé pour toutes les conventions collectives à 1,2%, ce qui laisse très peu de marge aux négociations entre employeurs et organisations syndicales.

Dans le cadre de la mission Laforcade, un projet de méthode tripartite de transpositions du Ségur de la Santé au champ du social et médico-social est proposé, mais fait encore débat. Il a été validé en avril 2021 par les fédérations employeurs et le groupe Ugecam, signé du côté des organisations syndicales par l’Unsa et la Cfdt, mais refusé par la Cgt, Fo et Sud.

Ce projet prévoit :

  • Pour les « soignants » du champ du handicap et des services de soins infirmiers à domiciles (Ssiad), qu’un accord de branche soit signé pour leur  octroyer 183 euros net mensuel.
  • Pour les autres « métiers de l’accompagnement » (dont font partie les psychologues), des négociations seraient à mener, avec des règles différentes et sans garantie d’obtenir les 183 euros.

Des différences sont donc faites entre des professionnels qui travaillent ensemble au quotidien en équipe pluridisciplinaire, au sein des mêmes Établissements et Services, au motif que les « professionnels de l’accompagnement » ne seraient « pas exposés aux mêmes logiques concurrentielles avec les établissements et services bénéficiaires des accords du Ségur ».

Cet argument est difficilement recevable puisque dans le cadre des accords du Ségur, tous les professionnels des hôpitaux et Ehpad ont été revalorisés.

S’agit-il d’une application cynique de la loi de « l’offre et de la demande » envers les professionnels du secteur privé, marchandisés en fonction de leur rareté sur le marché ?!

On serait alors bien loin de l’objectif de reconnaissance de la valeur du travail et de la participation de ces professionnels au soin, entendu au sens de « care », notion chère au travail d’accompagnement dans le champ social et médico-social !

De plus, pour participer financièrement à ces revalorisations, l’État pose comme condition des « propositions des partenaires sociaux au titre du rapprochement conventionnel effectif et de la modernisation des conditions d’emploi et de rémunération des professionnels dans les branches professionnelles concernées»…

Enfin, ces négociations ne disent rien à ce jour de la situation des autres financeurs, et notamment des collectivités territoriales : départements dans le cadre de la protection de l’enfance et des Établissements Services accompagnant des adultes en situation de handicap, etc.

La commission Salariés du Privé du SNP revendique  l’extension des 183 euros nets à tous les professionnels des établissements des secteurs social, médico-social, de l’aide, de l’accompagnement et des soins à domicile, privés à but non lucratif.

Nous invitons tous les psychologues :

Pour cela, rapprochez-vous des bureaux régionaux du SNP qui vous indiqueront les points de rassemblement.

Le 20 mai 2021

Commission Salariés du Privé du SNP : com-sp@psychologues.org