Pourquoi un service de psychologie?

Nous partons du constat que les psychologues ont pris pour habitude de se rassembler pour discuter de leurs pratiques et des difficultés qu’ils rencontrent parfois dans l’exercice de leurs missions, au sein d’un collège dans les établissements.

Quelle nécessité y-aurait-il à proposer son prolongement sur le plan institutionnel par une autre structure ?

La création d’un service de Psychologie s’appuie sur l’idée de promouvoir collectivement nos pratiques en faisant exister la discipline Psychologie de façon autonome et incontournable dans les établissements.

Il rassemble tous les psychologues de l’établissement, les collèges continuant à exister sur le volontariat en tant qu’instance collégiale de concertation et de propositions.

Il est rattaché au pôle administratif :

  • Nous plaçant ainsi réellement et directement sous l’autorité de la Direction générale avec délégation possible au niveau de la DRH
  • Nous décalant des services médicaux et de la Direction des soins tout en renforçant nos possibilités de collaboration sur les plans cliniques et recherche.
  • Nous obligeant à assurer le fonctionnement du service de façon autonome et responsable, partenaire dans le projet d’établissement et les projets de service, assurant l’application du code de déontologie des psychologues et la promotion de la diversité des pratiques psychologiques au service des patients.

Il est reconnu officiellement par les instances de l’établissement et n’est pas soumis comme les collèges actuellement au bon vouloir de l’administration ou de la CME.

Le service de psychologie permettrait aux psychologues d’un établissement de se saisir de certaines missions que nous ne voulons pas voir confiées ni déléguées à d’autres professionnels.
Il aurait des missions cliniques, FIR et administratives.
Certains de ses membres assureraient la représentation de notre profession dans les différentes instances.

Pour les missions cliniques, il serait garant du respect du code de déontologie et proposerait un projet psychologique d’établissement afin d’assurer la prise en compte de la dimension psychique dans les projets de soin.
Il pourrait ainsi contribuer au moyen d’un texte élaboré par les psychologues au projet d’établissement, duquel la clinique est trop souvent absente au profit du gestionnaire et du médical.
Il participerait à une meilleure connaissance de l’apport de notre discipline à partir des échanges de pratiques entre psychologues et proposerait journées d’études interdisciplinaires, groupes de travail, colloques.

Pour la fonction FIR, le service de psychologie recueillerait les besoins en formation des collègues afin de bien différencier les différents niveaux, formation continue, DIF et FIR proprement dit que les directions ont tendance à amalgamer.
Il assurerait le recueil des demandes de stages et leur répartition.
Il aurait aussi la possibilité de proposer des thèmes de travaux de recherche qui pourrait s’effectuer collectivement entre psychologues concernés par une même problématique et pourrait participer à des thématiques de recherche en lien avec d’autres professionnels et les organismes de recherche.

A côté de cette participation collective du service de psychologie au FIR, la part individuelle de chaque psychologue dans ses propres activités FIR demeure inchangée. Le travail sur soi reste un incontournable reconnu comme trépied de notre exercice professionnel : savoir, savoir faire, savoir être.

Sur le volet administratif, le service de psychologie participerait au recrutement, au recueil des besoins en psychologues sur l’établissement, à la rédaction des fiches de poste, et à l’évaluation.

La question la plus difficile à trancher reste celle d’un psychologue coordonnateur ou responsable de la structure.

Quelles fonctions et quelles responsabilités lui seraient dévolues ?
Nous ne pouvons l’imaginer fonctionner seul sans l’appui d’une collégialité comme actuellement le sont les représentants élus des collèges.

Ces collègues seraient chargés de l’évaluation des psychologues.
Nous devons réfléchir au sens que nous pourrions donner à cette évaluation en nous saisissant nous-mêmes du contenu à proposer.
L’évaluation par objectifs et résultats n’a pas de sens et serait même dangereuse pour la qualité de nos prises en charge.
Nous devons proposer nos propres outils d’évaluation car le savoir que nous possédons sur notre pratique n’est pas objectivable et réductible à un protocole.

Comment ne pas tomber dans le piège du psychologue cadre de santé, quelle limite trouver afin de ne pas « nous perdre » dans d’autres fonctions que celle de clinicien tout en assumant certaines responsabilités que d’autres catégories professionnelles ne vont pas manquer de réclamer pour nous.

Le choix auquel nous sommes confrontés est difficile. L’inquiétude des collègues est grande et justifiée.

Le peu de considération pour notre discipline est aussi le symptôme d’une société qui ne prête plus attention aux valeurs humaines, à la singularité des parcours, mais s’intéresse seulement à la valeur marchande des individus.

Comment soutenir la place de cette singularité dans nos pratiques dans une organisation hospitalière broyée par la « nouvelle gouvernance », tel est l’enjeu auquel il nous faut répondre et réagir en innovant, au risque sinon d’être soumis à la hiérarchie des directions des soins ou des pôles médicaux

Porter la spécificité de notre discipline au cœur des activités hospitalières, prolonger la dynamique des collèges en réalisant des services de psychologie sous l’autorité directe de la Direction Générale avec délégation possible à la direction des ressources humaines par exemple, devenir un interlocuteur des autres services et instances de l’hôpital, tel est le projet que le SNP défend pour la profession et pour ceux qui font appel à nos compétences : patients, familles, professionnels.

MarieC Cathelineau

Secrétaire générale adjointe du SNP

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