Edito 261 : EN MANQUE D’HUMANITÉ

La loi de modernisation de notre système de santé fait la navette entre les assemblées. Les parlementaires réussiront-ils à lui insuffler un peu d’humanité ?

Cela semble difficile. Lorsque quelques-uns se risquent à dire l’importance de sortir du tout médical et à parler des psychologues – ces professionnels intervenants en santé formés aux sciences humaines– les visages se ferment. Ainsi, un amendement visant à donner la possibilité aux psychologues de constituer des CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) est déclaré sans objet par le rapporteur puisque la demande serait déjà satisfaite par la présence d’un strapontin. Mais c’est une place entière qui est nécessaire.

Devant la gravité de la situation de la psychiatrie, nous (professionnels, patients, familles) avons demandé une audience au président de la République. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, demande des actes forts pour la psychiatrie, pour qu’elle devienne  une priorité pour la ministre de la Santé et qu’on ne reste pas aux déclarations d’intention. Nous attendons des réponses !

Aujourd’hui les sciences humaines sont quasiment exclues des études des professions de santé et progressivement l’humanité risque de totalement déserter l’ensemble du système de soins.

Nous espérons que l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui vient de se voir confier une Mission relative à l’état des lieux des modalités actuelles de prise en charge des troubles psychiques saura voir le manque de sciences humaines dans la santé et ne se soumettra pas à une quasi pensée unique qui voudrait faire des psychologues de simples auxiliaires du médical…

Une analyse de la cohérence des réponses apportées à travers les nombreuses initiatives en cours et une attention plus particulière [sera] portée au rôle et à la place des psychologues par rapport à l’action actuelle du médecin généraliste sont demandées par le ministère des solidarités et de la santé dans sa lettre à l’IGAS.

Au-delà des études d’impacts financiers, souhaitons que cette mission soit l’occasion pour       les pouvoirs publics d’entendre la profession et ceux qui ont recours aux psychologues, seuls professionnels soignants formés aux sciences humaines dans notre système de santé.

Nous l’avons maintes fois martelé et nous le répéterons autant que nécessaire : seule la facilitation d’un accès direct aux psychologues tant dans les divers dispositifs publics, associatifs ou privés qu’en ville permet une réelle prévention de l’aggravation des troubles psychiques en offrant la possibilité de consultations précoces. Nous ne disons pas autre chose que nos collègues québécois, suisses ou belges pour n’en citer que quelques-uns : avoir des psychologues de première ligne – à l’école, en missions locales, à l’hôpital, auprès des chômeurs, en CMP, en ville, etc. – est un impératif de santé publique. La condition humaine demande plus qu’une réponse aux symptômes…

Jacques Borgy, SG.

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