Le SNP demande un correctif au Guide de prévention du burn out édité par la DGT

À l’attention de Madame Bénédicte Legrand-Jung Direction Générale du Travail  Sous-direction des conditions de travail, de la santé et de la sécurité au travail 

 

La commission Champ du Travail du Syndicat National des Psychologue a lu avec attention le Guide prévention du burn out que vous avez édité, particulièrement clair et bien construit.

 
Nous souhaiterions cependant que le rôle du psychologue en matière de prévention du burn out, et toutes les possibilités d'interventions des psychologues dans le champ du travail soient précisées de manière plus complète.

En effet, en matière de prévention du burn out, les compétences des psychologues du travail sont complètes et s'appliquent aussi bien à la prévention primaire, secondaire et tertiaire. Le psychologue dans le champ du travail a suivi une formation fondamentale et appliquée de haut niveau dans les domaines bio-psycho-social et organisationnel, en :

– psychopathologie,

– psychologie cognitive et psychologie de la santé (mesure et analyse de la charge de travail et des impacts sur la santé),

– psychologie sociale du travail et organisationnelle,

– psychométrie, mesure et méthodologie (construction, choix et analyse d'outils, en fonction des problématiques individuelles et ou collectives).

 

À ce titre, nous aimerions que soient corrigés dans le guide du burn out, les éléments suivants et apportées les informations précises en matière d'interventions :  

 

1) Vous indiquez concernant le « psychologue – thérapeute », page 26, En résumé, Qui fait quoi ? : « En lien avec les médecins, il intervient en aval et prend en charge individuellement le travailleur victime d’un syndrome d’épuisement professionnel. Il a un rôle d’écoute, d’accompagnement et d’aide à la reconstruction ».

Les psychologues ne sont pas tous psychothérapeutes, et il serait excessif de vouloir « médicaliser » les problématiques de burn-out, particulièrement au niveau préventif.  

Avant que de recourir à un psychothérapeute, les médecins du travail peuvent d’abord faire appel à un psychologue du travail pour permettre aux salariés, en situation potentielle d’épuisement professionnel, de bénéficier d’entretiens de soutien psychologique qui favorisent un diagnostic différentiel prudent, en l’absence de tableau clinique reconnu, une amélioration de l’état de santé, un retour plus rapide au travail et surtout un maintien dans l’emploi, sans pour autant entrer dans une relation psychothérapeutique longue.

Ces entretiens de soutien psychologique ne sont pas du ressort du médecin du travail, ni de l’infirmière, ni de l’assistant social, ni d’un autre intervenant. Sans la connaissance approfondie du fonctionnement psychique de l’être humain dans son environnement de travail, vous comprenez que les conséquences peuvent être graves, si certains tentent de s’en charger à la place du professionnel adéquat.

 

Correctif proposé page 26 dans le Guide de prévention du burn out :

 

Rubrique « psychologue » : (supprimer « – thérapeute ») 

En lien avec les médecins du travail, il intervient tant au niveau organisationnel qu’individuel. 

Il pose un diagnostic, conçoit et réalise des actions de prévention des risques psychosociaux, de conseil organisationnel, d’accompagnement individuel ou collectif, d’accompagnement managérial ou d’équipe, de formations et de sensibilisations. 

Il prend en charge individuellement en consultation de soutien (ou en psychothérapie) le travailleur qui présente un syndrome d’épuisement professionnel. Il a un rôle de diagnostic, d’écoute, d’accompagnement et d’aide pour prévenir et traiter le burn out par un travail d'analyse de la situation dégradée et des facteurs à tous niveaux bio-psycho-social, de développement ou de restauration de l'estime de soi, de résolution de problème, de mobilisation ou de développement de ressources personnelles ou environnementales, de développement de stratégies de coping efficace, d'affirmation de soi, etc.    

 

2) Par ailleurs, il est indiqué dans le guide que Freudenberger, qui est à l’origine du concept de burn out, est psychiatre.

Nous souhaitons vous apporter le correctif suivant : Freudenberger est psychologue, titulaire d'un doctorat de psychologie obtenu en 1956 à l'Université de New-York.

 

À l’avenir, nous souhaiterions pouvoir être consultés ou donner un avis (en tant que Syndicat National des Psychologues) pour tous sujets concernant la communication au public en matière de prévention des risques psychosociaux et de qualité de vie au travail, de pathologies psychiques – comme l’amendement Hamon le laisse entendre – de façon à ce que les professionnels et les travailleurs soient informés de manière précise par les experts adéquats.

 

Nous restons à votre disposition pour vous apporter toute information complémentaire et vous remercions d'apporter les corrections nécessaires à ce guide.

 

Nous vous prions de croire, Madame, en l’assurance de nos respectueuses salutations.  

 

Jacques Borgy Psychologue Secrétaire général du SNP 

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