LE SNP : une  organisation professionnelle qui refuse d’être instrumentalisée

LE SNP : une organisation professionnelle qui refuse d’être instrumentalisée

PARTICIPER A UNE RÉUNION NE VAUT PAS VALIDATION DES PROPOSITIONS

Une invitation du Ministère

Face à l’ampleur de la mobilisation nationale du 10 juin, le Ministère a décidé de recevoir deux des quatre organisations, la FFPP et le SNP, sous des prétextes peu explicites. La non-présence des deux autres organisations, questionnée par le SNP, n’a pas été expliquée. La raison d’être, officielle, de cette rencontre, consiste en l’unification des dispositifs existants avec des représentants du Ministère de la Santé et des Solidarités, la direction de la Sécurité sociale et autres directions du financement, etc.

Cette proposition s’inscrirait dans la continuité des échanges sur le remboursement des psychologues, en particulier à propos du recours aux psychologues dans les Maisons de santé. Mais faute de pouvoir obtenir la moindre modification, le SNP s’est clairement positionné pour le boycott de ces dispositifs. Le Ministère a néanmoins proposé un calendrier pour traiter des indications pour les patients concernés par ce remboursement, des critères d’agrément des psychologues, et ce, malgré l’opposition manifeste des organisations professionnelles.

Une fin de non-recevoir pour les fonctions publiques et le médico-social

La question de la revalorisation salariale pour les trois fonctions publiques et pour les psychologues salariés (médico-social, missions locales etc…) est balayée d’emblée par le Ministère pour ne se pencher que sur le dispositif libéral. A nouveau, les psychologues exerçant dans ces deux champs d’exercice ne sont pas considérés ni reconnus dans leur utilité sociale.

Des dispositifs en libéral inadaptés aux patients et aux professionnels

Le SNP a souligné l’échec de ces dispositifs auprès des psychologues, les impasses récurrentes des propositions et la butée que constituent la prescription médicale et la sous-tarification. Il a pointé que la notion d’adressage concédée masque une ordonnance médicale, ce qui en fait une prescription médicale déguisée. Il a dénoncé les dispositifs caractérisés par des tarifs indécents (pour rappel : 22, 30 et 32 euros), de surcroit sous prescription médicale. Le SNP s’oppose aussi au Chèque psy Etudiant comme au forfait 100 % enfant/ado ainsi qu’aux autres dispositifs de même nature. En effet, en accepter un seul ferait courir à l’ensemble de la profession le risque de l’asservissement et de la para-médicalisation.

Passage en force et extension du dispositif « Ecout’Emoi »

La généralisation du dispositif « Ecout’Emoi » est fixée par arrêté, après nombre d’arrêtés dans la même logique : quelle réponse apportée dans ce contexte ? La proposition de négociations apparaît paradoxale : tout étant déjà figé, acté, légiféré. Le dispositif CNAM est valorisé et étendu, le Chèque psy étudiant fait l’objet d’une publicité non négligeable, l’arrêté TND du 10 mars, malgré des requêtes au Conseil d’Etat, n’est pas remis en cause. Tous ont la même logique : prescription et sous-tarification. Toutes les organisations responsables s’y sont opposées et les ont refusées.

Peut-on parler de négociations dans ces conditions ? Ce faux-semblant est une recherche de caution auprès d’organisations prises en otage et une division des organisations pour obtenir l’aval d’une seule ?

La mention du SNP dans l’arrêté signale notre présence aux réunions et non notre validation des dispositifs en question. Le SNP a toujours soutenu et continue de soutenir la parole des psychologues.

Le SNP soutient donc le boycott de tous les dispositifs et évidemment du dispositif « Ecout’Emoi » et de son extension à de nouvelles régions.

Par une décision collective en juin 2021 avec les organisations initiales, le SNP avec la CGT-UFMITC, le SIUEERRP et la FFPP proposent une nouvelle mobilisation nationale des psychologues le 28 septembre.
Cette mobilisation est celle du refus de tous les dispositifs proposés aux libéraux et de l’exigence de revalorisation salariale pour les psychologues exerçant dans les trois fonctions publiques ainsi que pour tous les psychologues salariés (médico-social, sanitaire, éducatif, hébergement, insertion etc…).