EHPAD : la dégradation des soins psychologiques continue ! Une alerte nécessaire

EHPAD : la dégradation des soins psychologiques continue ! Une alerte nécessaire

Dans son ouvrage, « Les Fossoyeurs »[1], Victor Castanet fait écho aux difficultés dénoncées depuis longtemps par les équipes du social et du médico-social.

Le SNP apporte son soutien aux personnes âgées, à leur famille et aux professionnels du secteur gériatrique. Il soutient les psychologues exerçant dans tous les secteurs de la gérontologie.

La crise sanitaire, mettant en lumière les souffrances psychiques de la population, a révélé des dysfonctionnements notamment en EHPAD : non-respect de la dignité, de la liberté d’aller et venir, occultation de la dimension psychique et liens familiaux au second plan…

L’épuisement des professionnels n’a pas été compensé par des dispositifs peu adaptés : création d’équipes mobiles, de dispositifs de coordinations divers, de dispositifs de remboursement de séances auprès de psychologues libéraux avec des conditions déplorables pour les patients… Cela ne comble en rien des manques structurels.

En 2018 déjà, le SNP a soutenu l’intersyndicale « secteur de l’Aide aux personnes âgées »[2] – CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FA-FPH, FO, FSU, SUD, UFAS et UNSA– et l’AD-PA dans leur lutte pour une amélioration des conditions de travail des professionnels et des conditions de vie des personnes âgées accueillies pour :

• l’augmentation du ratio de personnel : d’après une réflexion collective de 2020 du Conseil National de Gériatrie, dans un EHPAD de 80 à 90 places (hors dotations PASA ou UHR), les ratios cibles seraient d’1 ETP psychologue. Ce qui est bien au-delà des ratios actuels.

• la revalorisation des salaires et des carrières : des différences importantes peuvent être constatées en fonction de la convention collective appliquée au lieu d’exercice (de 1615€ brut pour la FPH en début à carrière à 2992€ brut pour une convention 66).

• l’amélioration des conditions de travail : comment aider l’ensemble des équipes à penser lorsque celles-ci évoquent n’avoir « pas le temps de prendre le temps » ? Les professionnels aujourd’hui tentent de compenser les manques du système : heures supplémentaires, changement de roulement…, ceci étant source d’épuisement professionnel.

• la pérennisation du financement de l’aide à domicile afin de favoriser l’accès au soin pour tous et y développer l’accès au soin psychique pour les personnes ne pouvant se déplacer.

Dans ce secteur, et particulièrement en EHPAD, les psychologues sont fréquemment sur des temps partiels subis (20%, 30%, 50%…), des ETP ou des postes ne correspondant pas à la taille de l’établissement ou du service (exemple : 1 ETP pour 160 places avec intervention sur un accueil de jour interne à l’Ehpad), à des temps de formation non respectés (pensons au temps DIRES dans le privé), à des salaires relativement bas ne valorisant pas le niveau d’expertise (et des différences public/privé), notamment au regard du niveau d’étude. Rappelons qu’ils ont aussi une fonction institutionnelle : réflexions sur la dynamique institutionnelle, analyses de pratiques, comité éthique interne, etc.

Le mépris du gouvernement envers les psychologues rend bien compte de la non considération de la santé mentale de nos concitoyens et, encore plus, de celle de nos ainés !

Le secteur de la psychiatrie tire également le signal d’alarme depuis de nombreuses années : délais d’attentes dans les Centres Medico-Psychologiques (CMP), manque de moyens humains, financiers… Aujourd’hui, c’est au tour des professionnels du soin palliatif de mettre en garde les autorités face au manque de moyens suite au lancement du plan national de développement des Soins Palliatifs[3].

L’accompagnement et la prise en soin des personnes vulnérables, fragilisées, malades ou handicapées nécessite des moyens humains et financiers, une adéquation des ratios et du personnel qualifié, formé et accompagné afin de garantir des conditions de travail décentes et un bon fonctionnement des services et institutions.

Le SNP lutte et réaffirme son engagement dans le respect des droits fondamentaux et la reconnaissance de la dimension psychique des personnes.

Le SNP réaffirme son soutien aux professionnels travaillant auprès de personnes âgées.

Le SNP poursuivra sa lutte pour des conditions de travail décentes des psychologues afin que l’ensemble de la population puisse bénéficier d’un accès au soin psychique dans de bonnes conditions.

Secteur public ou privé, mobilisez-vous, rejoignez-nous !

Février 2022

Commission Salariés du Privé SYNDICAT NATIONAL DES PSYCHOLOGUES


[1] Castanet, V. (2021) : Les Fossoyeurs : Révélations sur le système qui maltraite nos aînés, ed. Fayard

[2] https://psychologues.org/salaries-prive-actus-single/communique-le-snp-soutient-la-mobilisation-des-professionnels-de-l-aide-aux-personnes-agees/

[3] Fourcade, C. (2002) : SFAP Communiqué de presse 1er février 2022, https://sfap.org/actualite/communique-de-presse-1er-fevrier-2022