COMMUNIQUÉ DE PRESSE: mobilisation de la profession le 10 mars 2022

COMMUNIQUÉ DE PRESSE: mobilisation de la profession le 10 mars 2022

Le SNP, Syndicat National des Psychologues, se bat depuis de nombreuses années contre les réformes, arrêtés et autres décrets que met en place le Gouvernement, menant à la dévalorisation, la disqualification et la paupérisation des psychologues.

Il a participé à des négociations pour tenter d’infléchir les orientations du ministère de la Santé et de la Direction de la Sécurité sociale. Il a cessé ces négociations quand il en a compris les limites. Le SNP ne souhaitait pas cautionner ce qui allait devenir le dispositif MonPsySanté. La rupture des négociations reflétait un positon déontologique et visait à ne pas trahir la profession.

Il a exprimé, au travers de nombreux communiqués, son opposition aux orientations de ce type de dispositif. Il s’est engagé dans deux manifestations, 10 juin et 28 septembre 2021, en coordination avec trois autres organisations dont la CGT et le SIUEERRP (Séminaire Inter-Universitaire Européen d’Enseignement et de Recherche en Psychopathologie et Psychanalyse).

Pensant nécessaire une coordination et un rassemblement des divers courants et associations de psychologues, il a participé, le 29 janvier dernier, avec 23 autres associations, collectifs et syndicats, à l’organisation d’un forum appelant à la convergence de tous les psychologues, enseignants et étudiants en psychologie.

Quand il a été proposé la tenue d’une manifestation le 10 mars 2022 en référence à l’arrêté TND du 10 mars 2021, caricature désastreuse de l’aliénation et de l’instrumentalisation des psychologues, le SNP a jugé pertinente la date symbolique proposée.

Favorable au rassemblement, le SNP a proposé, avec le SIUEERRP, une ouverture plus large à d’autres organisations, en particulier au groupe Convergence des psychologues en lutte. Cela n’a pas été accepté, ce qui est dommageable pour la profession et montre le paradoxe d’un appel au Rassemblement quand seule une partie des organisations peut y participer.  

Par ailleurs, la plateforme réalisée par le groupe ne respectait pas la consigne d’une base minimum commune pouvant réunir l’ensemble des organisations.

La composition de ce groupe, insuffisamment représentatif de la profession, ne traduisait qu’une réappropriation du capital symbolique des mobilisations de 2021 sans prendre en compte l’ensemble de la profession.

Avec le SIUEERRP et d’autres, le SNP a donc refusé d’être signataire d’une plateforme et de l’appel pour la journée du 10 mars 2022. Il y a eu un refus très net de voir mentionner ou apposer son logo sur un tel appel. Le SNP ne peut appeler qu’à de véritables rassemblements des organisations de psychologues sans exclusion afin de défendre réellement la profession.

Le SNP a ainsi néanmoins choisi de manifester, hors cet appel, pour trois motifs principaux :

  • À quelques semaines des élections présidentielles, il nous a semblé fondamental de continuer à manifester le désaccord de la profession face aux mesures voulues par le gouvernement
  • La date symbolique du 10 mars est à marquer d’une pierre blanche, celle d’une pierre tombale de la profession
  • La contestation du Dispositif MonPsySanté inscrit dans l’article 79 du PFSS et dans le décret n° 2022-195 du 17 février 2022 est une nécessité !

Malgré ces désaccords, le SNP soutient une mobilisation des psychologues le 10 mars avec les non-signataires.  Cette date se doit d’être réappropriée par les psychologues de tous les champs d’exercices !

Le SNP a rappelé de nombreux éléments dans ses derniers communiqués :

  • Depuis les années 60, les psychologues interviennent, avec compétence, auprès des personnes vulnérables présentant des troubles graves de la personnalité, des troubles psychiatriques, des états de souffrance majeurs en raison de situations de violences, de traumatismes, des ruptures de vie.
  • En accès libre dans le cadre libéral, ils ont vu une régression de leur autonomie professionnelle dans de nombreuses institutions, en particulier médico-psychologiques et médico-sociales.
  • Les CMP, les Points écoute et d’autres dispositifs étaient des lieux d’accueil gratuit pour la population. Les choix politiques, en lien avec des réductions budgétaires et une insuffisance du recrutement statutaire de psychologues, vont participer à cet engorgement des consultations impliquant des délais d’attente excessifs.
  • Le souci n’est pas le remboursement des actes psychologiques, souhaité par la profession, mais celui des conditions et des motifs de mise en œuvre. Le SNP ne peut cautionner, par quelques justifications soient-elles, le dispositif MonPsySanté ;
  • L’orientation vers la mise en place de Plateformes de diagnostic et d’orientation, le déploiement du principe dit d’inclusion débouchant sur la réduction notable du médico-social renvoient à ce qui a été préalablement envisagé : l’externalisation des services publics vers le libéral en faisant porter les charges fixes sur les professionnels. Ceux-ci deviennent une population flexible sous-payée.
  • L’insistance apportée par le gouvernement à mentionner l’accompagnement psychologique implique de ne pas prendre en compte les textes législatifs sur la psychothérapie. Elle participe de la dévaluation du travail psychologique et de la sous-qualification des psychologues.
  • La nuance sémantique du terme d’adressage n’est pas en soi une avancée mais simplement une ironie adressée aux psychologues afin de maintenir la prescription.
  • Nous ne reviendrons pas sur le tarif indécent. On ne peut se contenter de le regretter mais il faut foncièrement le refuser sauf à accepter le principe d’une paupérisation de la profession et à considérer que les psychologues valent peu sur le marché du travail. Ces tarifs se répercuteront sur l’activité libérale non remboursée ou salariée.
  • Enfin la coordination des organisations des psychologues doit être portée par ceux-ci.

Dans le refus de toute duplicité, le SNP appelle à une coordination avec l’ensemble des organisations de psychologues sur la base d’une défense de l’identité de psychologue, d’un refus d’un dispositif qui contrevient au Code de Déontologie, de la réouverture de négociations sur d’autres bases que la sous-tarification et la prescription-adressage, pour un accueil direct.

Nous soutenons donc l’ensemble des coordinations de psychologues manifestant le 10 mars pour défendre la profession !                                                          

                                                                                                    

Patrick Ange Raoult, Professeur de Psychopathologie, Secrétaire Général du SNP.