CHEQUE PSY POUR LES ETUDIANTS: NON AU RABAIS DES CONSULTATIONS PSYCHOLOGIQUES

CHEQUE PSY POUR LES ETUDIANTS: NON AU RABAIS DES CONSULTATIONS PSYCHOLOGIQUES

Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit sur les réseaux sociaux, le SNP n’a pas été invité à la table des négociations sur ce dispositif ! Sinon, il aurait bien évidemment martelé ce qu’il ne cesse de dire depuis le début de sa participation aux expérimentations de remboursement des consultations psychologiques ou de Parcours de soins : un tarif décent est une condition sine qua non. Quel représentant de la Profession accepterait un tarif aussi indécent !? Nous ne ferons aucune concession sur ce point et invitons nos adhérents et sympathisants à revendiquer une juste rémunération de leur travail.

Le SNP refuse de solder les consultations de psychologues, de paupériser encore davantage notre profession et de rester dans la précarité permanente. Il refuse la mise à mal de la profession. Aucune organisation ne peut se prévaloir sur les autres par ce qu’elle accède à la commande de l’État au détriment des conditions d’exercice de la profession ou des conditions d’accueil de nos concitoyens en souffrance.

En effet, l’acceptation de cette mesure ne demeure qu’un « coup » médiatique qui a de nombreux impacts :

  • D’une part, elle participe d’une « politique » de sous-traitance des soins psychiques à moindre coût avec des psychologues sous-payés comme variable d’ajustement, au coup par coup, en fonction des besoins politiques, en lieu et place de recrutements de postes de psychologues dans des équipes pérennes. Quand la vanne budgétaire se fermera, dans un délai de quelques semaines ou mois, que deviendront les usagers de ces psychologues libéraux ?
  • D’autre part, elle impacte durablement les négociations comme celles autour du Parcours de soins, en figeant les tarifs bas comme norme

Les annonces faites à propos la mise en œuvre du Chèque Psy nous semblent bien en deçà d’une politique de santé publique d’accès aux soins psychologiques ambitieuse et respectueuse des réels besoins et de la population. L’absence de projet pérenne de prévention primaire, secondaire et tertiaire, le manque de valorisation des professionnels qualifiés et acteurs d’un réel parcours des soins, le montant d’une consultation psychologique à 30 euros (soit 7 à 10 euros après déduction des charges) ne répondent pas aux attentes de la profession. Les étudiants, – les autres jeunes n’étant pas pris en considération dans ce dispositif -, méritent-ils un accompagnement psychologique au moindre coût ?

Le gouvernement expérimente in vivo tous azimuts des dispositifs de soin amovibles et révocables facilement, la mise en place d’un parcours de soin coordonné sans dépassement d’honoraires, la banalisation de la téléconsultation (et donc de la déterritorialisation), la confusion entre le soin et l’écoute, le psychologue-auxiliaire.

Le SNP défend le remboursement des consultations des psychologues, prône des consultations à 60 euros. Un tarif à 30 euros dévalue la profession de manière inacceptable ! Le SNP exprime son profond désaccord avec cette mesure décidée, sans concertation avec l’ensemble des organisations représentatives, par le Gouvernement.

Dans TOUTES les négociations comme celles autour du Parcours de soins, le SNP lutte contre la volonté de figer des tarifs bas ou demi-tarif, défend la soutenabilité économique de l’exercice libéral et l’indépendance de la profession, réfute la dynamique de la prescription médicale et la paramédicalisation larvée. Ce qui est cohérent avec le projet d’allongement des études et la reconnaissance des psychologues comme une profession avec un haut niveau de qualification. Un projet d’accompagnement et de soins psychologiques de la population ne peut se conduire sans le SNP qui représente toute la profession des psychologues ! La mobilisation des professionnels, adhérents ou non au SNP, doit soutenir notre demande d’une véritable concertation sur tous ces sujets. C’est une urgence absolue.