La revue du SNP

[publié le 08/03/2018]

Les prochains appels à contribution de Psychologues & Psychologies

Violences

« Nous vivons une bien étrange époque et constatons avec surprise que le progrès a conclu un pacte avec la barbarie », disait Freud en 1939.

Ce sombre postulat est-il applicable aujourd’hui ?

 

La violence est indissociable de la destinée de l’homme, et aucune période n’en a été épargnée.

Toutefois, la/les violences semblent aujourd’hui envahir notre espace psychique comme nos espaces sociaux. Changement de niveau, changement de nature ? Effet illusoire dû au développement des médias et des réseaux sociaux ? Accélérations technologiques trop rapides qui  renvoient  à une forme de déstructuration du réel ?  Temps historique de bascule où l’effraction permanente et la menace identitaire rendent complexes le fait  même « d’être sujet avec autrui » et incitent à cliver, à exclure : l’immigré, la personne âgée, le voisin trop proche dans les transports, celui qui est Charlie ou qui ne l’est pas, … Des verrous sont tombés avec la chute des figures symboliques, la délégitimisation  des anciens, le  dégagisme  des partis institués souvent remplacés par des modèles les plus extrêmes qu’ils soient religieux ou politiques. La course au profit, le manque de moyens,  génèrent une violence de plus en plus difficile à contrôler

Le vécu du psychologue n’échappe pas à la perte de sens et à l’injonction paradoxale avec ses effets délétères. Comment le psychologue peut-il mettre au travail une  clinique du contemporain ? Contribuer à sortir de l’anathème ou de l’effet de sidération ? Dans une prise de distance de cet emballement ? Dans une préservation de ses espaces personnels, professionnels, institutionnels en tenant un cadre éthique ? Dans une posture  d’agent de reliaison  là où le lien à autrui se conflictualise, ou se délite ?

 

Nous avions dans un premier dossier - un monde sans limite, psy&psy n° 224 - abordé les questions de la métamorphose du cadre symbolique qui organisait le rapport entre l’individuel et le collectif, et ses conséquences.

Il nous semble nécessaire d’approfondir cette approche : le psychologue doit-il et peut-il être un acteur d’accompagnement de ces transformations ? Comment peut-il se confronter au court circuit de la pensée, l’immédiateté et les passages à l’acte qui caractérisent les modes d’intervention aujourd’hui ? Penser est-il devenu un luxe ! Comment nous en donnons nous les moyens ?

Ce thème rencontrera certainement un écho dans vos pratiques. 

 

Vos contributions à cette réflexion sont souhaitées et attendues pour le 1er mars 2018  à :

cgoubert@aliceadsl.fr    ET  raymsamuel@gmail.com

   

Format attendu Word arial 12, interligne double, 15000 signes maximum espaces compris.

 


appelContrib-MCO

Psychologue en terre médicale

Nombreux sont désormais les psychologues qui exercent en milieu médical que l’on évoque les MCO (médecine, chirurgie, obstétrique), l’hôpital général, la médecine somaticienne, ou les services associés accueillant des patients atteints de troubles somatiques pour lesquels l’action n’est pas de prime abord tournée vers la prise en charge d’un trouble « réputé » mental.

 

La collaboration avec la Médecine (« l’Ordre médical » de Clavreul) n’est pas aisée. Son épistémè, ses raisonnements, les positions subjectives des acteurs, ses conceptions de la thérapeutique, de la maladie (modèle bio-médical fondé sur une conception anatomo-pathologique, sur le signe (séméiologie), la norme, la séparation entre la maladie et ce que le malade en fait, en dit, en ressent), l’absence de théorie du sujet au profit de l’individu… nous opposent, ce qui n’empêche pas, bien au contraire, le travail en commun.

 

Plusieurs situations sont souvent évoquées entre nous, et avec nos partenaires médecins : que proposer aux patients dont les conflits ou impasses ou trauma interagissent avec la maladie ou le traitement ? quels rapports le patient entretient-il avec sa maladie, sa thérapeutique ? quelles relations a-t-il avec les soignants ?, que déplace-t-il sur eux ? comment se pose la question du deuil (de l’organe, de la santé, de la fonction, d’une partie de soi) ? comment les soignants font-ils face à la souffrance et aussi aux contraintes administratives qui pèsent sur eux ? quelles thérapies mettent en place les psychologues dans lieux marqués par l’urgence, la brièveté, le réel somatique, la gélification de la parole… ? parlons-nous du même corps ? ont-ils  une contribution institutionnelle dans la gestion de la parole ? de la communication ? des relations entre les groupes ? la confection de programmes d’information et de prévention ? les questions éthiques, notamment dans l’interrogation sur les techniques d’apparition récentes ?

 

Nous aimerions que des expériences de ce travail concret, de ces espoirs, rencontres, mais aussi échecs, souffrances (des patients et des soignants dont les psychologues), limites des prises en charges, des inventions, puissent constituer la trame de ce numéro.

 

Merci de faire parvenir vos propositions d'article avant le 1er avril 2018 à :
snp@psychologues.org

 

Format attendu Word arial 12, interligne double, 15000 signes maximum espaces compris.

 



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