Edito

[publié le 23/06/2017]

Edito 250 : Préparer l'avenir

En tant que syndicat, nous devons être attentif à la préservation des acquis et lutter contre les évolutions qui pourraient mettre en danger notre profession. Dans le même temps, il importe que cette position de sauvegarde ne nous empêche pas de prendre en considération de nouveaux paradigmes inconnus jusque-là. Ce double positionnement rend parfois l’action syndicale compliquée. C’est actuellement le cas concernant l’expérimentation du remboursement de consultations auprès de psychologues de ville qui a été votée par le parlement dans la loi de financement de la sécurité sociale ainsi que le projet de remboursement de prise en charge non médicamenteuse de la dépression légère à modérée qui est en cours d’élaboration par la caisse nationale d’assurance maladie.

 

Les psychologues en exercice libéral et particulièrement les plus récemment installés plébiscitent ces projets de remboursement de leurs prestations. Les psychologues salariés ou fonctionnaires, et plus particulièrement ceux du secteur de la santé mentale, craignent que ces possibilités ne conduisent à moins financer le secteur public et à réduire les psychologues à des auxiliaires dépendants des prescriptions médicales.

 

Nous sommes engagés dans l’une et l’autre de ces réflexions et nous devons trouver un mode d’action syndicale qui vise à n’exclure aucune des deux. En effet, les collègues exerçant en ville craignent légitimement qu’un refus de ces remboursements ne conduise à leur évincement au profit d’autres professionnels tandis que les psychologues salariés ou fonctionnaires ont raison de redouter une diminution de l’offre publique de soins. 

 

Il est temps pour les psychologues de ne plus penser leur inscription sociétale à la seule lueur de la psychologie en méconnaissant de facto les réalités juridiques, économiques ou sociales. Rêver au grand soir qui donnerait au psychologique la primeur sur l’économique peut être tentant mais peu productif de projets professionnels concrètement réalisables.
Que l’on soit d’accord ou pas, la société française est régie par une économie libérale et la santé y est médico-centrée. C’est donc dans ce cadre-là, même si nous désirons par ailleurs le changer, que nous devons penser la place de notre profession. C’est pour cela que nous sommes présents dans les lieux où se discutent et s’élaborent les évolutions de demain (Conseil national de la santé mentale, Comité de pilotage de la psychiatrie, comité de suivi psychiatrie et santé mentale de la HAS…) tout en gardant une position critique, voire revendicative quant aux propositions qui émanent de ces instances. C’est le cas actuellement : nous participons aux réflexions sur la mise en oeuvre de l’expérimentation de la prise en charge de la souffrance psychique des jeunes alors que nous exigeons, dans le même temps, la réécriture du décret afférent.

 

Toutes sortes de modalités d’exercice sont possibles dont certaines inusitées, voire pas encore inventées à ce jour, mais une seule résistance importe vraiment : celle contre le risque de déprofessionnalisation liée à la réduction aux simples compétences. Cela implique que nous soyons unis autour de nos fondements déontologiques, universitaires et praticiens. C’est pour cela que nous avons invité les confrères et consoeurs des autres organisations à une action commune en faveur de la légalisation de la déontologie et que nous reprenons des rencontres sur ce sujet.
L’avenir se construit avec de l’expérience mais aussi avec des idées novatrices, sachons assurer un véritable avenir à l’exercice de notre profession en tenant l’un et l’autre.

 

JACQUES BORGY, SG
le 11 juin 2017

 

 

 

 

 


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