Edito

[publié le 26/03/2017]

Edito 249 : Quels psychologues pour quelles missions ?

 

Nous en rendons compte depuis plusieurs mois, l’actualité de la profession est riche de nouveautés :

 

couv 249

• Création du corps des psychologues de l’éducation nationale.
• Créations de postes au sein de la Protection judiciaire de la jeunesse.
• Sollicitation des psychologues pour comprendre les phénomènes de radicalisations.
• Expérimentation du Pass-santé jeunes aves remboursements de consultations de psychologues.
• Expérimentation de remboursement de psychothérapies par la CNAMTS (1).
• Projet de prise en charge psychologique dans la prévention des RPS (2) par le RSI (3).
• Reconnaissance des psychologues acteurs de la mise en oeuvre de la politique de santé mentale…

 

 

Voilà plusieurs éléments, espérés ou fruits de vieilles luttes syndicales, qui indiquent clairement l’attente de la représentation nationale, celle des pouvoirs publics ou encore celle des organismes de sécurité sociale, quant à notre profession.

 


Ces dispositifs représentent de réelles avancées, souhaitées par le public et les praticiens. Ils bouleversent grandement l’existant dans de nombreux secteurs par les nouvelles missions qu’ils impliquent dans les secteurs de protection de la jeunesse ou de l’éducation. Ils offrent des possibilités accrues de consultations auprès d’un psychologue, prises en charge par les assurances sociales, hors du cadre des établissements publics que nous souhaitons, par ailleurs, voir pérennisés.

 

 

Notre syndicat se félicite de ces possibilités nouvelles de consulter un psychologue, ouvertes à tous mais il ne cessera de rappeler que la consultation du psychologue doit rester libre de toute injonction administrative ou hiérarchique comme de toute prescription médicale, à l’instar de ce qui se pratique en Grande Bretagne ou en Allemagne. Les indications que les autres professionnels peuvent souhaiter poser ne sauraient contraindre le psychologue à prendre en charge quiconque ou empêcher un consultant de s’adresser au psychologue de son choix. Il ne peut être question de confondre la nécessité de diagnostics éducatifs, sociaux ou médicaux avec l’indication de soins psychologiques dont la pertinence relève du psychologue.

 

 

En effet nous ne saurions être des auxiliaires, nous sommes aux yeux de la loi, depuis plus de trente ans, une profession réglementée dont l’usage du titre professionnel est réservé aux titulaires d’une formation de haut niveau en psychologie.

 

 

Mais, pour pouvoir parler de réelles avancées, il est plus que jamais nécessaire de compléter les dispositions réglementant notre profession par une légalisation de notre Code de déontologie et la création d’une instance de type Haut conseil des psychologues garantes de notre professionnalisme.

 

 

En effet, comme nous l’écrivions dès mars 2011, les psychologues veillent à l'intégrité psychique et psychosociologique des personnes, des groupes et des organisations. Ils concourent à l'étude de ses conditions, à la prévention de ses atteintes et à sa restauration. Ils doivent donc répondre de leur probité et de leur respect d’autrui dans l’exercice de leur profession. Les individus, groupes, familles, institutions, etc., sollicitant les services d’un psychologue doivent être assurés de la formation théorique et professionnelle de celui-ci. Ils sont en droit de savoir quelles sont les références déontologiques de ce professionnel et à qui s’adresser s’ils s’estiment victimes de manquements à la déontologie professionnelle.

 

 

JACQUES BORGY, Sg
le 26 mars 2017

 

(1) Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés
(2) Risques psychosociaux
(3) Régime social obligatoire des indépendants

 


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