Edito

[publié le 09/02/2017]

Edito 248 : Des évolutions à conforter

2017, une année de changements politiques, sociaux, sanitaires…couv 248

• Décrets d’application de la loi de modernisation de notre système de santé ;
• Création effective du corps des psychologues de l’Éducation nationale ;
• Nouvelles dispositions de facturation des établissements médico-sociaux ;
• Lancement du plan Bien-être et santé des jeunes ;
• Mise en place de l’expérimentation du remboursement de consultations auprès de psychologues de ville ;
• Changement d’alliances entre organisations patronales dans la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif.

 

L’inscription des psychologues dans le Code de la santé, en tant qu’acteur de la mise en oeuvre de la politique de santé mentale, est une vraie révolution. Mais certains médecins, qui y sont défavorables, ne vont-ils pas tenter de l’empêcher ?

 

L’expérimentation de remboursements de consultations auprès de psychologues en libéral est saluée par le public comme une avancée attendue. Mais ne risque-t-elle pas, dans le même temps, de rendre les psychologues dépendant du pouvoir médical ? En effet, celui-ci se raidit et s’oppose contre un possible accès direct aux psychologues en arguant qu’aucun remboursement de sécurité sociale ne peut se faire sans prescription médicale! Faut-il, pour permettre cette évolution que constitue un accès pour tous les jeunes à des consultations de psychologue, prendre le risque de faire dépendre une partie de la pratique libérale d’une prescription médicale ?

 

La création d’un corps des psychologues de l’Éducation nationale, avec l’évolution de leurs missions vers une prise en compte de la souffrance psychique des enfants et des jeunes, résisterat-elle aux pesanteurs institutionnelles et à un éventuel changement de politique ?

 

Les ambitions du plan Bien-être et santé des jeunes subsisteront-elles au-delà des changements politiques ? Les moyens qu’il préconise pour sauver une pédopsychiatrie française sinistrée lui seront-ils donnés ?

 

Les restructurations de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif (Bass) constituent-elles une chance de voir la mise en place d’une convention collective unique avantageuse pour tous ou un risque de nivellement des règles conventionnelles par le bas ? Quid des nouvelles dispositions en matière de facturation dans le médico-social ? Nous allons devoir être vigilants.

 

Quant aux prochaines élections, nous souhaitons qu’elles n’entraînent pas un repli identitaire et une destruction des récentes avancées, forcément néfastes aux personnes en situation de précarité sociale ou psychique…

 

Pour que notre profession soit partie prenante de ces évolutions et révolutions en cours, nous devons rassembler nos forces et réunir nos organisations. La mise en place d’une instance, acceptée par une majorité d’organisations et de praticiens et permettant la légalisation de notre déontologie, pourrait y contribuer. La quasi-totalité des psychologues l’attend impatiemment.

 

Souhaitons que 2017 soit l’année d'un tel rassemblement !


JACQUES BORGY, Sg

 


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