Edito

[publié le 18/06/2015]

Edito 239 : 30 ans !

couv239Le 25 juillet le titre de psychologue aura trente ans et quelques-uns, aujourd’hui, à l’instar des politiques lors des commémorations de la chute du mur de Berlin, pourraient être tentés de dire : j’y étais ! 

 

Engagés alors depuis 1981 dans une coordination de praticiens et universitaires regroupant des associations et syndicats professionnels, quelques militants du SNP ont fait durant les années 84 et 85  le siège des parlementaires afin de faire entendre la nécessité d’une loi pour les psychologues. Le SNP, déjà, mettait son énergie au service de la profession, de son développement et de sa pérennité.

Le député Jean-Pierre Sueur nous avait entendus et défendus, argumentant devant l’Assemblée en faveur de notre reconnaissance. Certes toutes nos demandes d’alors n’avaient pu être satisfaites et l’aspect déontologique était resté sur la touche.

Trente ans plus tard, forts de l’expérience transmise par nos aînés, nous avons sollicité des parlementaires afin de faire valoir les impératifs de notre profession.

Il faut réécouter et revoir les interventions de Denys Robiliard et de Bernadette Laclais, défendant à l’Assemblée nationale la place des psychologues dans le système de santé pour comprendre que le snp a été entendu et compris parce qu’il défend la profession tout entière et l’avenir de celle-ci.

Il faut aussi écouter et lire les propos de la ministre de la santé pour comprendre qu’à force de rencontres et de concertation le SNP et les représentants de la profession qui préfèrent le dialogue aux invectives ont pu faire entendre les spécificités des psychologues : "Une profession attachée à la diversité de ses modèles conceptuels. [Des] professionnels qui s'inscrivent dans une démarche complémentaire du médical et [qui], par leur formation inscrite dans le domaine des sciences humaines, ne traitent pas que de la pathologie mais de l'individu, de son histoire et de son environnement."

Certes d’autres positions ministérielles sont inacceptables et bon nombre de nos exigences ne sont pas encore prises en compte. La plus importante de celles restant en souffrance est la légalisation d’une déontologie adossée à un Haut conseil des psychologues. Une telle instance est devenue absolument nécessaire et serait une mesure de salubrité publique alors que la miviludes est tous les jours confrontée à des dérives sectaires dans le vaste champ de la psychologie, tant au niveau des individus que des interventions en entreprise.

Le travail effectué par le SNP et la CFDT Santé sociaux avec un juriste et présenté le 30 mai dernier montre la totale faisabilité de l’instauration d’une déontologie des psychologues juridiquement recevable et d’un Haut conseil, instance novatrice – ni ordre professionnel ni institution étatique ; il montre aussi que nos organisations ont eu raison de dépasser leurs oppositions sur la question ordinale réussissant ainsi à faire une proposition donnant une plus grande visibilité à la profession.

 

Il ne s’agit plus de discuter pour savoir s’il faut que la déontologie soit ou pas régulée. C’est aujourd’hui, plus encore qu’en 85, une totale nécessité afin de protéger le public contre les mésusages de la psychologie. Attendre pour agir un hypothétique consensus sur la forme est criminel. Les professionnels honnêtes qui sont l’immense majorité ont aussi besoin que la profession soit protégée des agissements non déontologiques et délétères d’un tout petit nombre.

L’intérêt public commande le dépassement des intérêts particuliers, c’est ce que nous appelons de nos vœux.

 

 Jacques Borgy, Secrétaire général

2 juin 2015


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