Edito

[publié le 10/04/2015]

Edito 238 : Dichotomie

couv 238Lors d'une visite dans un hôpital psychiatrique, la ministre de la Santé évoque une nécessaire réflexion sur une place accrue des psychologues cliniciens à l'hôpital.

Les media audiovisuels soulignent régulièrement le travail des psychologues et plus encore lorsque survient une catastrophe, un événement incompréhensible, un traumatisme collectif, des violences sexuelles… Ce fut largement le cas lorsque mi-mars eut lieu la catastrophe de l’A320.

Visitant une maison de santé, le Premier ministre en fait cette présentation : « c'est le projet de professionnels indépendants, médecins, infirmiers, sages-femmes, psychologues entre autres, qui décident d'unir leurs compétences, leurs expertises, leurs forces au fond pour améliorer la prise en charge de leur passion ».

De très nombreuses personnes auditionnées par la mission parlementaire Santé mentale et avenir de la psychiatrie, conduite par le député Denys Robiliard, ont souligné l'importance des psychologues dans les prises en charge des malades mentaux et des personnes souffrant psychologiquement.

Nombre de chefs de service d'unités médicales hospitalières sont, depuis longtemps, convaincus de de la nécessaire présence des psychologues dans leurs services de médecine, d'infectiologie, de transplantations, d'oncologie, etc.

Les associations d'usagers du système de santé réclament, quant à eux, un accès direct aux services des psychologues.

Et j’en oublie sûrement d’autres encore…


Mais…

... La technostructure ministérielle tente de refuser l’inscription des psychologues dans la loi de santé.


Les députés peinent à faire réinscrire dans la loi la simple prise en compte des aspects psychologiques des patients par le système de santé !

Un amendement rappelant la place des psychologues reçoit un avis défavorable alors même que le Premier ministre a déclaré le 10 mars dernier : « la loi donne le cadre, elle replace les acteurs chacun dans leur rôle ».

Pourtant, cet amendement explicite justement que l'exercice de la psychologie est l'accomplissement habituel d'actes autonomes ayant pour objet à l'égard d'une personne, individuellement ou en groupe et dans un cadre de référence scientifiquement étayé de psychologie, la prévention, l'examen, le dépistage ou l'établissement d'un diagnostic psychologique de souffrances psychiques ou psychosomatiques et la prise en charge, le soutien ou le développement de cette personne.

Espérons que les parlementaires viendront à bout de cette impressionnante dichotomie entre d’une part, l'espace sociétal, les usagers, les soignants et, d’autre part, les pouvoirs publics et la technostructure.

Il en va de la prise en compte de la santé psychique de nos concitoyens !

 

Le 30 mars 2015

Jacques BORGY,

Secrétaire général


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