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[publié le 11/04/2017]

Lettre ouverte aux candidats à la présidentielle

Au moment où notre pays est amené à débattre des grands problèmes de société durant cette campagne électorale, de la violence qu’il affronte, des tragédies qu’il vient de connaître, de l’épuisement de ceux qui contribuent à son bon fonctionnement et de la colère qui gronde, le pays ne se donne toujours pas les moyens de traiter les problèmes fondamentaux, les laissant trop souvent sans réponse !

 

La dimension psychologique est véhiculée, voire galvaudée dans la confusion du vocable « psy » où toute une noria d’individus revendique la prise en charge de la souffrance psychique, de la psychopathologie, ceci sans formation sérieuse ! Que le terme  psychologue soit aussi un adjectif, concoure-t-il à laisser penser que chacun peut pratiquer la psychologie en dehors de toute formation spécifique préalable ?

 

Seuls professionnels du psychisme à avoir un haut niveau d’études universitaires, les psychologues, qui interviennent dans la fonction publique hospitalière, territoriale, d’Etat, l’éducation nationale ou dans le secteur médico-social, pour la justice mais aussi en libéral ou pour les entreprises, sont au cœur des dispositifs de prévention et de soins psychiques, que ce soit pour les patients ou les équipes. Les psychologues ont également pour rôle de veiller à l'intégrité psychique et psychosociologique des personnes, des groupes et des organisations.

 

Comment se fait-il que l’on fasse appel à des non diplômés, voire des adeptes… du développement personnel, n’ayant rien à voir avec notre formation et notre profession alors que tant de psychologues sont au chômage, sous-payés, que leur place, leur statut ne sont pas considérés à leur juste mesure ?

 

Si les pouvoirs publics se plaignent de la violence sans cesse et partout, pourquoi laisse-t-on les postes de psychologues disparaitre en FPH, sachant que le nombre de psychiatres diminue continuellement et alors que les attentes de rendez-vous dans les Centres Médico-psychologiques sont de plusieurs années, certain ferment ? Les patients ne peuvent s’orienter vers les libéraux puisque aucune prise en charge ou remboursement ne leur est possible, ceci malgré la saturation des cabinets de psychiatres !

 

Par ailleurs, les individus, groupes, familles, institutions, etc., sollicitant les services d’un psychologue doivent être assurés de la formation théorique et professionnelle de celui-ci. Mais ils doivent également savoir quelles sont les références déontologiques de ce professionnel et à qui s’adresser, s’ils s’estiment victimes de manquements à la déontologie professionnelle.

 

Le psychologue, en plus de ses engagements professionnels personnels vis-à-vis d’organisations ou de sociétés savantes, doit donc pouvoir répondre de sa probité et de son respect d’autrui dans l’exercice de sa profession devant la collégialité de ses pairs.

 

Aujourd’hui, la profession attend la légalisation d’un Code de Déontologie.
Un sondage auprès de l’ensemble de la profession indique que plus de 85% de psychologues sont favorables à la mise en place de ce Code mais aussi à la création d’un Haut Conseil, à la revalorisation de ses émoluments à hauteur de son diplôme, qu’elle souhaite de niveau doctoral ; mais aussi de ses compétences et responsabilités et d’une place dans la société digne de ce qu’elle lui apporte.

 

Que comptez-vous faire ?
Quels sont vos engagements à l’égard de notre profession et de son exercice ? 

 

Avril 2017
Le Syndicat national des psychologues



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